ACCES SENEGAL
Partenariat pour le développement durable
PDRP/CR Programme Triennal 2009-2011
« Promotion du Développement Durable et Réduction de la Pauvreté des Communautés Rurales de Yéne, Diass et Sindia (PDRP/CR) »
Financement : HEKS "ENTRAIDE PROTESTANTE SUISSE"
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Contexte et justification
Depuis quelques années, l'Afrique tropicale, notamment la zone soudanienne est confrontée à des problèmes récurrents qui ont pour noms: pauvreté, démographie galopante, difficultés des Etats à assurer des conditions de vie décentes aux populations, détérioration des termes de l’échange, dégradation de l'environnement etc.
Au Sénégal, ces crises sont aggravées par les résultats des différentes politiques de développement caractérisées par le désengagement de l’Etat du fait de l’absence de résultats probants et viables, les aléas climatiques et désastres naturels, en l’occurrence la sécheresse des années 70.
Ces problèmes sont plus accentués au niveau du monde rural où la plupart des populations ne bénéficient plus des bons rendements de l’agriculture et de la pêche qui étaient et restent leur principale source de revenus.
La petite côte, comme beaucoup de milieux ruraux, n’échappe pas à ces problèmes et malgré l’implantation récente de projets et usines d’envergure dans la zone (Futur aéroport Blaise Diagne, Usine d’eau minérale de Kirène, Cimenterie du Sahel, Carrières de grés et calcaire), les conditions de vie des populations restent précaires.
A regard du contexte qui précède, ACCES a conçu et soumis le projet « Protection des ressources naturelles et promotion des produits locaux» dont la phase test de deux ans qui vient de s’achever a permis entre autres résultats de :
• dresser la situation de référence des ressources naturelles de la zone ;
• expérimenter des stratégies reproductibles à large échelle aptes à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles et une promotion des produits locaux ;
• contribuer à faciliter l’accès des groupements de femmes à la terre.
En effet les femmes qui sont les principales bénéficiaires du présent projet affichent leur volonté d’accéder à la reconnaissance sociale, d’améliorer leur condition de vie et de pouvoir se prendre en charge. Le présent projet triennal de promotion du développement durable et de réduction de la pauvreté dans la petite côte, participe du renforcement et de la consolidation de cette dynamique et se justifie au regard des raisons pertinentes suivantes qui plaident en sa faveur.
Descriptif du programme
Le projet triennal de « développement durable et de réduction de la pauvreté des communautés rurales de la petite côte » résulte d’une large concertation entre ACCES, les populations et les autorités locales dans le but de consolider et renforcer les acquis de la phase test du projet. Au regard des résultats probants atteints au terme de deux ans de test, il est convenu de poursuivre les activités dans le cadre d’un projet triennal dans un but de promouvoir le développement durable et de contribuer à la réduction de la pauvreté en mettant en œuvre des activités orientées sur :
• l’expérimentation de stratégies de gestion participative des ressources naturelles ;
• le renforcement des activités génératrices de revenus des femmes ;
• l’éducation environnementale et la formation civique ;
• le renforcement institutionnel d’ACCES promoteur du projet.
Le présent projet participe à la mise en œuvre de la convention des Nations Unies de lutte contre la Désertification et de l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Méthodes de travail
Le projet fait recours à une démarche méthodologique de type participative et itérative faite d’une combinaison d’approches : villageoise, sectorielle par quartier ou groupement et interpersonnelle.
La démarche se traduit sur le terrain par des sessions d’animations collectives, des entretiens individuels et des rencontres de capitalisation avec les bénéficiaires et les autorités locales. Elle met à contribution les services techniques déconcentrés de l’Etat particulièrement les CERP et les Eaux, Forêts. En plus l’équipe a intégré dans la démarche l’utilisation des moyens de communication de masse en partenariat avec les stations de radio communautaires et privées de la région de Thiès: Jokko FM de Rufisque et la radio nationale RTS, Sud FM, Dunnya.
Cette expérience sera poursuivie et élargie à d’autres partenaires notamment Sahel DEFIS et IED/Afrique des ONG Sénégalaises qui s’investissent dans l’éducation environnementale et la formation civique.
Thèmes transversaux
• L’approche genre
Dans ce troisième millénaire il est impossible de penser le développement sans les femmes si on sait que dans notre pays elles représentent plus 52% de la population totale. Dans la zone d’intervention d’ACCES les femmes sont les premières répondantes parce qu’elles sont en permanence au village et assurent la gestion des foyers pendant que les hommes et les jeunes sont dans les centres urbains. C’est dire qu’il est impératif d’associer cette frange importante de la population dans toutes les questions de développement. L’approche genre doit nous aider à saisir la signification des catégories sociales de l’homme et de la femme et leurs rapports non seulement dans la production et la reproduction mais aussi en termes de rôles, de responsabilités, de statuts et d’accès au pouvoir.
Cette philosophie du développement qui soutient un modèle de société plus équitable et une équité entre les sexes et les groupes d’âges, ne doit en aucun cas occulter ou éclipser nos réalités socioculturelles. Ainsi le concept « Genre et Gestion des Ressources Naturelles » dans la zone doit contribuer à l’implication et à la responsabilisation des femmes usagères dans l’accès et au contrôle des ressources naturelles.
• La gestion des conflits
Les conflits rencontrés dans la zone relèvent le plus souvent de la divagation des animaux et de la gestion foncière. En effet vu l’exigüité des terres l’affectation d’un espace devant servir d’aire protégée pose problème d’autant plus qu’elle est sollicitée par les femmes qui ont pourtant droit à la terre mais y accèdent difficilement. Ainsi c’est beaucoup de conciliabules dans les villages pour l’obtention des parcelles qui le plus souvent sont dans de zones incultes (collines latéritiques). Dans le meilleur des cas c’est un notable partisan du projet qui accepte de mettre à disposition un de ses champs. L’absence de zone de parcours et de pâturage fait que les aires protégées sont souvent visitées par les troupeaux.